Coulisses · Mode d'emploi
Comment fonctionne Le Journal de Demain
Un exemple d'usage de l'intelligence artificielle au service d'expériences sociales collectives. Ici, l'IA n'invente pas l'avenir : elle met en forme ce que des centaines de personnes ont écrit ensemble.
Cette page raconte, en clair, comment vos arbitrages deviennent un journal du lendemain, et avec quels outils.

Pourquoi ce site
Pourquoi ce journal
Le Journal de Demain raconte un pays qui n'existe pas encore, au moyen des dernières technologies disponibles.
Chaque jour réel, une année s'y écoule : des institutions arbitrent, des dossiers avancent ou s'enlisent, des gens tiennent une position, gagnent, renoncent, comme dans la vraie vie, en fait.
Personne n'écrit ces événements à la main. Ils sont le résultat, jour après jour, de la rencontre entre les contributions des participants et des données réelles du monde d'aujourd'hui.
C'est d'abord une expérience sociale : non pas « une IA peut-elle écrire un article ? », elle le peut, mais peut-elle rendre compte de la manière dont une société se raconte à elle-même ?
La question qui m'intéresse est celle-là : illustrer ce que peuvent engendrer nos décisions, nos discussions, nos débats. Ce que ce monde fait apparaître, édition après édition, c'est comment nous imaginons l'avenir ensemble, collectivement, à travers des histoires et des personnages fictifs qui sont le reflet de nos opinions et de nos convictions.
C'est aussi une expérience technique, et cette page est là pour n'en rien cacher. Derrière chaque édition, il y a une chaîne de modèles de langage qui génèrent les événements, une rédaction de six journalistes aux voix distinctes qui les mettent en récit, une mémoire qui fait tenir les personnages d'une année à l'autre. Rien de tout cela n'est acquis. Faire vivre une société cohérente dans la durée, avec des voix qui ne se confondent pas et des histoires qui ne se répètent pas, est un problème difficile, et une part du plaisir est de le résoudre à découvert.
Il faut aussi le dire, parce que ça compte : les journalistes de ce journal sont des renards. C'est un choix, pas une coquetterie. D'abord pour qu'on ne s'y trompe pas : à l'heure où de faux journalistes et de faux influenceurs générés par IA se multiplient sur le net, un renard rappelle d'un coup d'œil que personne de réel ne signe ces articles, qu'il n'y a derrière eux ni carrière, ni parti, ni intérêt. Ensuite pour ne pas se prendre trop au sérieux : c'est une fiction, et elle assume de le montrer.
On nous promet une IA qui devine ce qu'on veut et nous le sert avant qu'on l'ait demandé. Celle-ci fait le contraire : elle ne prédit rien, elle met en scène. Elle prend nos arbitrages, les confronte au réel, et nous renvoie l'image de la société qu'ensemble nous dessinons, pour qu'on la regarde, qu'on en débatte, et qu'on ait envie de la corriger. Pas d'agenda, pas d'influence. Juste l'idée qu'un outil aussi puissant mérite mieux que de nous vendre des choses.
Le choix éditorial
Le pari du tirage au sort
Chaque participant est assigné à un domaine par tirage au sort. Ce n'est pas un détail technique : c'est un choix éditorial, le fondement de l'équilibre du journal.
Raison 01
Couvrir tous les fronts
Une société ne fonctionne pas que sur les sujets qui mobilisent spontanément ses citoyens. En attribuant un domaine au sort, on s'assure que la simulation explore tous les aspects de la vie collective (territoire, énergie, santé, gouvernance, numérique), pas seulement ceux qui suscitent l'enthousiasme du moment.
Raison 02
Une répartition homogène
Le tirage est calibré pour répartir les participants équitablement entre les domaines, afin qu'aucun ne soit sur-représenté ni délaissé. C'est cette diversité de voix qui rend la simulation crédible : chaque édition reflète l'ensemble des choix, pas la voix la plus motivée.
Raison 03
Déplacer les habitudes
Si chacun choisissait son domaine, l'écologie, la santé ou l'éducation attireraient sans doute la majorité, au détriment de la gouvernance ou des relations internationales. Le tirage invite à se poser des questions là où on ne serait pas allé seul, et c'est de cette friction que naissent les arbitrages les plus riches.
La fabrique · une nuit de production
Ce qui se passe pendant que vous dormez
Six phases s'enchaînent dans la nuit. De la collecte de vos contributions à la mise en ligne, en passant par l'écriture, une relecture critique exigeante et la mémoire qui nourrira le lendemain. Voici le chemin réel.
Phase 1
Rassembler la matière
Avant d'écrire, le journal réunit tout ce qui doit compter cette nuit-là, et le met en ordre.
- Vos contributions de la veille : le point de départ ; sans elles, pas d'édition ordinaire.
- Une relecture de sécurité qui rattrape les propos toxiques déguisés, passés au moment du dépôt.
- Les bons passages des rapports de référence, choisis selon l'horizon de l'année en cours, proche, moyen ou lointain.
- Un regroupement par thème : les contributions qui se ressemblent sont réunies, puis chaque thème reçoit un nom.
- La mémoire des jours précédents, pour garder le fil du récit.
- Un grain d'imprévu : un événement tiré au sort, et les rendez-vous du calendrier (élections, sommets…).
Phase 2
Écrire l'édition
L'équipe de rédaction a défini en amont le cadre éditorial ; toute la matière est alors rassemblée en un dossier, puis l'IA rédige le journal.
- Le cadre de l'équipe de rédaction : ligne éditoriale, ton, exigences de qualité et garde-fous que l'écriture doit respecter.
- Un dossier complet est préparé : état du récit, personnages disponibles, consignes pour ne pas se répéter.
- L'écriture : manchette, éditorial et une douzaine d'articles.
Phase 3
Relire et corriger
L'édition passe en relecture : plusieurs contrôles la passent au crible avant les corrections nécessaires.
- Vérification des faits : cohérence avec les événements passés, les personnages, les institutions et les noms réels.
- Équilibre des sujets : pas plus de 3 articles sur le même thème, pour éviter la monotonie.
- Fraîcheur : rien qui redise les éditions passées, et les sujets enlisés doivent avancer.
- Réécritures ciblées des articles en défaut, dans une limite raisonnable, et chasse aux tics de langage.
Phase 4
Publier
L'édition est enregistrée et devient officielle. Les étapes suivantes l'enrichissent, sans la modifier.
- Enregistrement de l'édition et de tous ses articles.
- Choix des articles à la une, deux ou trois, comme dans un vrai journal.
- Une trace complète est conservée pour l'audit : thèmes, documents, consignes, relecture.
Phase 5
Nourrir l'édition suivante
L'édition du jour devient le terreau des nuits suivantes.
- Les enjeux de chaque domaine sont renouvelés : certains se clôturent, d'autres apparaissent.
- Les articles sont archivés pour nourrir la mémoire de la saison.
- L'état du monde est mis à jour : personnages et dynamiques poussées par les citoyens.
Phase 6
Illustrer et mettre en ligne
La une prend son visage, puis l'édition paraît au matin.
- Une illustration : une scène décrite par l'IA, puis dessinée en noir et blanc.
- Mise en ligne du site : l'édition du lendemain est disponible.
Le fil du temps
Une dérive vers le futur
Une saison s'ouvre sur le présent et glisse vers l'avenir. La matière du journal change à mesure qu'on s'éloigne : des données d'aujourd'hui aux travaux de prospective les plus lointains.
2025
Le présent
données actuelles
≈ 2050
Prospective
travaux de prospective
≈ 2115
Futur lointain
prospective lointaine
Repère 01
Du présent vers l'horizon.
La saison s'ouvre sur le présent et glisse, année après année, vers un futur de plus en plus lointain. Le journal s'appuie d'abord sur les données d'aujourd'hui, puis de plus en plus sur les travaux de prospective à mesure que l'on s'éloigne dans le temps.
Repère 02
Des dynamiques que vous poussez.
De grandes dynamiques traversent la simulation, comme le rapport au travail, l'adaptation au climat ou l'équilibre entre les territoires. Elles émergent, avancent ou s'essoufflent selon ce que le collectif pousse, et plus le temps passe, plus leurs effets s'amplifient.
Repère 03
Les fruits, pas les résistances.
Le journal montre les conséquences de ces orientations, y compris les questions nouvelles qu'elles ouvrent, sans jamais les présenter comme un monde qui résisterait à vos idées. Ni utopie, ni catastrophe : une trajectoire qui se déploie.
Les ingrédients
D'où vient ce que vous lisez
Source 01
Vos arbitrages
C'est la matière première. Chaque soir, le site rassemble toutes les contributions de la journée, vos positions sur les enjeux ouverts et les mots qui les accompagnent. Elles ne sont jamais réécrites avant publication.
Source 02
Des documents de référence
Rapports du GIEC, statistiques INSEE, notes de France Stratégie… Ces documents servent de cadre factuel. Au moment de rédiger, le site va y chercher les passages utiles, comme un journaliste qui ouvre sa documentation.
Source 03
La mémoire des jours d'avant
Pour que l'histoire ait une suite cohérente, le site se rappelle de ce qui a été annoncé les jours précédents. Une mesure évoquée hier peut être nuancée aujourd'hui ; un sujet apparu il y a deux semaines peut ressurgir avec ses conséquences.
Source 04
Des événements exceptionnels
Pour intégrer l'aléa du réel, un tirage nocturne peut faire émerger un fait inattendu, comme une canicule prolongée, une percée scientifique ou un accord diplomatique. Catalogue ouvert, probabilités calibrées, jamais plus de trois par nuit. Ce sont les seuls éléments du journal qui n'étaient écrits nulle part.
Périmètre
La place de l'intelligence artificielle
Deux colonnes, deux promesses : ce que l'IA fait dans la fabrique du journal, et ce qu'elle ne fait jamais.
Ce qu'elle fait
Mettre en forme, pas inventer
Met un nom sur les grands thèmes qui ressortent de vos contributions chaque jour.
Écrit le journal : manchette, mot du jour et douze articles, à partir des thèmes du jour, des documents de référence, du fil des jours précédents et des événements tirés dans la nuit.
Relit son propre travail dans un second passage : elle vérifie les chiffres face aux documents pour les premières éditions, la cohérence avec les éditions passées plus loin dans la saison.
Imagine une illustration en noir et blanc pour la une, via un second outil d'IA spécialisé.
Ce qu'elle ne fait pas
Décider, noter, réécrire
Ne décide pas de l'orientation collective : la direction du futur vient de vos arbitrages, pas du modèle.
Ne note pas et ne classe pas les contributions. Toutes celles qui forment un thème sont prises en compte.
Ne réécrit pas vos contributions. Le texte que vous écrivez reste tel quel dans votre espace.
N'invente pas librement : sans contributions, sans documents et sans événements tirés du catalogue, elle n'a rien à dire.
Sous le capot
Les outils utilisés
Aucun outil n'est caché. Voici, en clair, ce qui fait tourner Le Journal de Demain.
Pour rédiger le journal
Claude, d'Anthropic
Un modèle de langage utilisé pour nommer les thèmes et écrire les articles. Chaque texte envoyé au modèle est conservé pour audit.
Pour dessiner les illustrations
Recraft v3, via Replicate
Un modèle d'image utilisé pour générer chaque illustration en noir et blanc, dans un style proche du dessin de presse.
Pour faire fonctionner le site
Des logiciels libres
Le site, la base de données et les outils de regroupement par thème tournent sur un serveur dédié, à partir de logiciels ouverts. Vos contributions n'en sortent jamais autrement qu'à travers les appels à l'IA décrits ici.
Engagement
Notre engagement de transparence
Le Journal de Demain fait le pari qu'on peut utiliser l'IA pour des expériences collectives à condition d'être franc sur ce qu'elle fait. C'est pourquoi cette page existe.
Pour chaque édition, nous gardons une trace complète : quels thèmes ont été identifiés, quels documents de référence ont été consultés, et exactement ce qui a été demandé à l'IA. Un journal du jour n'est jamais un texte qui « sort de nulle part ».
Une chose, en revanche, nous échappera toujours : ce qui se passe à l'intérieur des modèles. Notre transparence porte sur ce qu'on leur envoie et ce qu'on en fait.
Expérience ouverte
Pour voir Le Journal de Demain vivre, le plus utile reste de contribuer
Chaque contribution compte, aucune n'est exigée.
