Année 2047

Édition n°22 · lundi 22 juin 2026

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2047 : ce qui tient, c'est ce qui accepte d'être vérifié

2047 : ce qui tient, c'est ce qui accepte d'être vérifié

Éditorial

Ce que 2047 aura appris à la France, c'est qu'une décision ne vaut que par ce qui la contraint après. À Marseille, le Conseil départemental a suspendu le cinquième site de Nadia Ferhat non pour l'arrêter, mais pour s'assurer qu'il tiendrait sans elle. À Roubaix, OVHcloud a découvert que nommer précisément les limites d'un périmètre certifié vaut mieux qu'une promesse globale. Au Sénat, Isabelle Roux a répondu à la question électorale par une formule qui dit tout : ce qui change entre deux mandatures, ce sont les priorités ; ce qui ne change pas, c'est l'obligation de rendre compte.

Cette logique de l'engagement vérifiable court d'un domaine à l'autre comme un fil rouge. Elle explique pourquoi la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur amende désormais ses périmètres ZAN avant d'y être contrainte, pourquoi la CRE refuse que la robustesse opérationnelle des nœuds morbihannais rétroactive l'insuffisance documentaire initiale, pourquoi la coalition germano-nordique observe l'approche de la présidentielle sans alarme mais sans illusion. Dans chaque cas, la question n'est pas de savoir si les engagements sont sincères : c'est de savoir par quoi ils sont tenus.

Mais l'année n'est pas uniforme. La DEPP a publié un bilan de Villeurbanne qui documente pour la première fois ce que les syndicats affirmaient sans preuves : la conformité aux protocoles ne produit pas mécaniquement des résultats élèves. C'est une avancée de transparence — inconfortable, mais réelle. Les institutions qui acceptent de publier ce qu'elles ne voulaient pas voir sont, en 2047, celles qui méritent encore d'être lues.

À la une

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Santé et corps2 min de lecture

Montpellier change de référence : quand un service d'urgences devient un argument

Pendant plusieurs années, le débat sur l'accès aux soins en France a tourné autour des manques : déserts médicaux, sous-effectifs, délais d'attente qui s'allongent. En 2047, un fait nouveau est venu perturber ce récit au CHU de Montpellier — et il a produit une onde de choc inattendue jusque dans les bureaux de la Haute Autorité de santé.

Le service des urgences du CHU, restructuré en 2044 autour d'un triage précoce et d'une meilleure articulation avec la médecine de ville, documentait depuis plusieurs mois une baisse mesurable des délais d'attente et une réduction des abandons de patients. L'ARS Occitanie et la direction du CHU ont formalisé ces résultats au premier trimestre 2047. Ce qui semblait être un bilan local est devenu une référence invoquée dans plusieurs enceintes nationales.

Le revirement est d'abord institutionnel. La HAS, qui travaillait depuis l'instruction commune des ARS Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur publiée en 2046 sur une éventuelle campagne de sensibilisation dans les réseaux de neurologie de ville, a élargi sa réflexion. Dans une note interne transmise aux ARS en mars 2047, elle indique que le modèle montpelliérain — fondé sur l'articulation précoce entre médecine de ville et urgences hospitalières — mérite une documentation systématique avant toute généralisation.

Pour Ahmed Saïdi, qui continue de documenter les parcours de patients SLA à la Timone, ce glissement a une signification particulière. L'argument qu'il portait depuis des années — que l'accès au traitement dépend moins de la thérapie elle-même que de la fluidité de l'aiguillage en amont — trouve dans le cas montpelliérain une illustration dans un domaine différent. Le Conseil départemental de l'Hérault et plusieurs collectivités limitrophes ont demandé l'extension du modèle. L'ARS Occitanie, prudente, a répondu qu'une documentation comparative est nécessaire avant toute transposition. « Ça tient parce qu'on l'a vraiment changé », a résumé un cadre de santé du CHU — et c'est précisément cette condition que l'ARS veut vérifier ailleurs avant de promettre.

Éducation et transmission2 min de lecture

Ce que la DEPP a trouvé en regardant les chiffres de Villeurbanne

Cela faisait deux ans que la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance avait promis un bilan de l'extension lyonnaise du dispositif de transmission structurée. Les premiers éléments, attendus pour l'hiver 2046, ont finalement été publiés au printemps 2047 — avec plusieurs mois de retard et une prudence rhétorique inhabituelle pour ce type de document institutionnel.

Le résultat est ambigu, et la DEPP l'assume. Dans les établissements du Rhône ayant appliqué le protocole depuis la rentrée 2044, les résultats des néotitulaires en termes de conformité aux gestes prescrits ont progressé — les grilles d'inspection le confirment. Mais les indicateurs de résultats des élèves en zones d'éducation prioritaire renforcée ne montrent pas d'amélioration correspondante sur la période observée. L'écart entre conformité aux protocoles et efficacité pédagogique mesurable que SUD Éducation dénonçait sans données précises depuis plusieurs années se retrouve cette fois documenté, même partiellement.

Le SNUipp-FSU a salué la publication du bilan comme une étape de transparence, tout en contestant la durée d'observation — insuffisante, selon le syndicat, pour mesurer des effets pédagogiques durables. SUD a lu le même document comme une confirmation : les outils mesurent la conformité, pas l'apprentissage. Le corps d'inspection de l'académie de Créteil, consulté en parallèle, a transmis à la DEPP une note soulignant que les néotitulaires de Sarcelles formés avant le dispositif présentaient des profils de résultats comparables — sans que cela invalide le protocole, mais sans que cela le valide non plus.

Le ministère, qui avait publié en 2046 un document de cadrage reconnaissant les limites des grilles, n'a pas modifié sa position. Aucune révision formelle des outils n'est annoncée. La prochaine vague d'observation — portant cette fois sur les académies de Lille et Lyon conjointement — débutera à la rentrée 2047. L'événement marquant de cette année, c'est qu'il existe désormais un bilan écrit, contesté mais lisible, là où il n'y avait que des convictions opposées.

Mobilité et échanges2 min de lecture

Le maire de Sassenage, ou la conversion d'un pragmatique

Il y a trois ans, le maire de Sassenage défendait la navette entre Échirolles et son bassin chimique comme une « mobilité nouvelle » face à Transisère, convaincu mais sur la défensive. En octobre 2046, il avait signé la déclaration de reconduction avant même de quitter la salle de réunion de la commission régionale de mobilité à Lyon. En 2047, quelque chose a changé dans sa posture.

Depuis la levée du gel sur les nouvelles conventions, le maire est devenu un interlocuteur recherché par d'autres collectivités de l'agglomération grenobloise. Deux communautés de communes de la vallée du Grésivaudan ont sollicité sa mairie pour comprendre la mécanique des déclarations préalables de flux exigées par Transisère avant toute nouvelle convention. L'opérateur, qui avait perdu l'essentiel de son argument juridique devant la commission régionale, ne s'est pas opposé à ces échanges — mais il a précisé que chaque déclaration serait examinée au cas par cas.

Le maire a répondu aux deux demandes du Grésivaudan avec une prudence qu'il n'avait pas en 2044 : il a expliqué ce qui avait fonctionné à Sassenage — la transparence sur les flux réels, la coordination avec les cinq employeurs du bassin chimique, la distinction nette entre covoiturage interne et lignes régulières — sans promettre que cela se transposait tel quel. L'expertise indépendante de 2046 avait tranché en sa faveur parce que les chiffres étaient là. Sans données équivalentes dans d'autres bassins, la convention reste fragile.

Au sein de la commission régionale de mobilité d'Auvergne-Rhône-Alpes, le président de Grenoble Métropole a proposé en février qu'un protocole commun de déclaration préalable soit formalisé pour standardiser les échanges avec Transisère. L'opérateur n'a pas répondu officiellement. Le maire de Sassenage a soutenu la proposition — non par enthousiasme, mais parce qu'un cadre partagé protège mieux qu'une victoire individuelle.

Alimentation2 min de lecture

Salle 14, novembre — le jour où Lecomte a dû compter ce qu'il avait perdu

La réunion extraordinaire du conseil d'administration de Terre et Progrès s'est tenue dans la salle 14 de la chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir, par une matinée froide de novembre. André Lecomte avait demandé lui-même la convocation. Les négociants privés n'étaient pas invités.

Il a commencé par les chiffres de la campagne colza — ceux qu'il n'avait pas voulu énoncer à l'assemblée de juillet quand l'irritation l'emportait encore sur le bilan. Une fraction significative des volumes attendus ne s'était pas retrouvée dans les silos de la coopérative. Des adhérents avaient livré leurs récoltes excédentaires à des négociants privés offrant des conditions de stockage différé plus souples et une prime qualité supérieure pour les lots sélectionnés. Statutairement, ces exploitants n'avaient pas violé les apports minimaux : ils avaient joué dans les marges permises.

Lecomte a expliqué les conséquences devant le conseil d'administration, sans les dramatiser. Des volumes dispersés au moment de la concentration valeur — c'est-à-dire au moment précis où la coopérative aurait pu négocier en position de force sur le marché — avaient réduit d'autant la capacité de Terre et Progrès à peser sur les prix de fin d'année. La Confédération paysanne avait refusé de prendre parti sur le fond, mais le constat était là : la liberté contractuelle reconnue aux adhérents fragilisait le levier collectif qu'ils avaient eux-mêmes construit.

Le conseil a voté en décembre une révision des barèmes de prime interne pour les volumes livrés au-delà du minimum statutaire — une incitation à rester dans la coopérative plutôt qu'une contrainte. Claire Moreau, présente en tant que représentante des petits exploitants, a soutenu la mesure. C'est une réponse partielle, non une résolution : la tension entre mutualisation et liberté commerciale n'a pas disparu de la salle 14, elle a simplement changé d'instrument.

Culture et art2 min de lecture

Grand Est : le troisième poste arrive, mais pas là où on l'attendait

Depuis février 2045, le troisième poste de chargé de mission itinérante pour la DRAC Grand Est était une promesse différée. La note formelle transmise par la directrice de la scène nationale de Nancy au cabinet de la DRAC en octobre 2046 avait documenté la charge réelle des deux agents contractuels couvrant les communes intégrées au fonds de co-production — un périmètre étendu entre Saverne, Épinal et les villages alsaciens, impossible à tenir sans renfort.

Le revirement est survenu en mars 2047, mais il a pris une forme que la directrice de Nancy n'avait pas anticipée. Le poste n'a pas été créé via le budget ordinaire de la DRAC : il a été financé pour un an sur une ligne du fonds de co-production mutualisé lui-même, dont l'abondement par les scènes nationales partenaires permettait techniquement ce type d'affectation. Le Syndicat national des scènes publiques, qui avait salué le modèle Grand Est lors des journées de septembre 2046 à Nancy, avait proposé ce montage comme solution transitoire lors d'échanges avec le cabinet de la ministre Hélène Morvan.

La directrice a accepté sans enthousiasme non dissimulé : « Un poste financé sur le fonds est un poste qui dépend de l'abondement annuel, pas de la masse salariale permanente. Si la récolte de projets baisse, l'agent disparaît. » Le directeur de la DRAC Grand Est a acté le recrutement en avril, avec l'engagement d'ouvrir une ligne pérenne dans la prochaine programmation budgétaire — sans date ferme.

L'agent recruté prendra ses fonctions à l'automne, avec un périmètre centré sur la Meurthe-et-Moselle et les communes du Morvan intégrées au fonds. Les deux agents contractuels existants pourront enfin concentrer leurs tournées sur l'Alsace et les Vosges. Les structures tiennent, pour cette année — et tout le monde dans le réseau Grand Est sait que la pérennité reste à construire.

Énergie et ressources2 min de lecture

Morbihan : premier audit renforcé, premier désaccord sur sa portée

La Commission de régulation de l'énergie avait posé ses conditions en juin 2046 : accord formel sur le second lot breton du réseau décentralisé, assorti d'un audit renforcé à cadence trimestrielle pour le premier cycle d'exploitation. RTE avait accepté. En 2047, le premier cycle est achevé — et il a produit le résultat que chaque camp interprète différemment.

L'audit, conduit par les équipes de la CRE sur les deux sites morbihannais aux architectures complexes, a confirmé la robustesse opérationnelle du réseau tel qu'il fonctionne. Aucun incident de délestage, aucune défaillance des unités de stockage thermique issues des reconversions industrielles. Pour Marie Lecomte et la direction technique de RTE, le premier cycle valide l'architecture décentralisée dans des configurations que la CRE avait pourtant jugées insuffisamment documentées à l'origine : la preuve est faite par l'exploitation.

La CRE refuse cette lecture. Dans une note transmise à RTE en février 2047, la Commission fait valoir que la conformité opérationnelle ne rétroactive pas l'insuffisance documentaire initiale — et qu'une architecture en expansion ne peut s'autoriser des raccourcis de justification au motif que les sites déjà activés tiennent. Le désaccord porte sur le cadre à appliquer aux futurs nœuds : RTE souhaite alléger les exigences de documentation pour les sites dont l'architecture est « proche de cas déjà validés » ; la CRE exige que chaque configuration complexe soit documentée dans ses spécificités propres avant toute activation.

Les collectivités bretonnes, qui attendent depuis plusieurs mois l'activation de contrats conditionnés au feu vert réglementaire, observent le bras de fer avec une irritation croissante. Le Conseil régional de Bretagne a transmis en mars une lettre au président de la CRE et au directeur général de RTE, demandant un calendrier de résolution. La réponse n'est pas encore parvenue à Rennes.

Gouvernance et pouvoir2 min de lecture

Salle Clemenceau, mars 2047 — le tableau de bord face à l'année électorale

La séance de mars 2047 dans la salle Clemenceau du Sénat avait quelque chose d'inhabituel. Isabelle Roux présidait la présentation du bilan annuel du tableau de bord de suivi des décrets énergétiques — son troisième bilan complet en tant que présidente de la commission des lois — mais cette année, plusieurs sénateurs membres de la commission avaient demandé à inscrire à l'ordre du jour une question que les années précédentes avaient esquivée : que devenait ce dispositif après le scrutin présidentiel du printemps ?

Roux n'a pas dévié. Elle a présenté le bilan dans le même format que les années précédentes : nombre de décrets couverts, proportion conformes au calendrier, nombre de clarifications demandées. Aucun retrait n'a été enregistré pour la troisième année consécutive. Bercy n'a pas renouvelé sa tentative de restriction du périmètre depuis juin 2046 et l'avis du Conseil d'État.

Sur la question de la continuité, Roux a été brève : la procédure tient parce qu'elle repose sur une reformulation institutionnelle validée par le Conseil d'État, pas sur une personnalité. La commission des lois du Sénat est une institution permanente. Le tableau de bord est un outil de cette institution. « Ce qui change d'une mandature à l'autre, ce sont les priorités législatives. Ce qui ne change pas, c'est l'obligation de rendre compte de l'exécution des textes votés. »

Plusieurs sénateurs ont pris note sans commenter publiquement. Un membre de la commission a relevé que la prochaine présidentielle pourrait modifier la composition du Sénat à moyen terme — et donc la présidence de la commission. Roux a répondu que la procédure avait déjà survécu à un changement de présidente. La séance s'est close sans vote ni déclaration. Le tableau de bord du deuxième trimestre sera présenté en juin, quel que soit le résultat du scrutin.

Lien social et communauté2 min de lecture

Marseille : quatre sites, un réseau humain — et la question de ce qui tient sans Ferhat

Les deux sites ouverts en janvier dans les nouveaux arrondissements marseillais fonctionnent. Nadia Ferhat y tient ses premiers lundis du mois depuis l'hiver, comme dans les sites historiques de Saint-Mauront. Ce que la Direction des solidarités du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône a commencé à mesurer au printemps, c'est une autre réalité : quatre sites actifs, une travailleuse sociale qui en assure la colonne vertébrale, et aucun filet institutionnel si elle tombe malade, prend un congé ou quitte le poste.

La direction a posé la question sans détour lors d'une réunion de coordination d'avril : qui peut assurer la continuité d'une séance si Ferhat est absente ? La réponse actuelle est : personne. Les bénévoles réguliers savent tenir le rythme sous supervision, pas conduire une séance seuls. Les travailleurs sociaux des arrondissements concernés n'ont jamais assisté à une ouverture. Le modèle tient parce qu'une personne le porte — et c'est précisément ce que la direction juge intenable à mesure que le dispositif grossit.

Ferhat n'a pas contesté le diagnostic. Elle a contesté la réponse. Sa proposition — un compagnonnage long, plusieurs mois d'observation active avant qu'un collègue puisse conduire seul — n'est pas un refus de transmettre, c'est une affirmation sur ce que la transmission exige. Le troisième arrondissement a prouvé qu'un travailleur social formé sur fiches épuise son poste en deux ans. Elle ne veut pas reproduire cela.

La direction a tranché en mai : le feu vert pour un cinquième site est suspendu jusqu'à ce qu'au moins un second professionnel ait accompagné Ferhat sur une durée suffisante pour tenir une séance de relais. Ce n'est pas le référentiel écrit qu'elle avait d'abord demandé — c'est une concession à la méthode Ferhat. Mais c'est aussi une condition non négociable : le dispositif ne peut plus reposer sur une présence unique.

Ferhat a accepté. Elle a désigné elle-même la collègue qu'elle formerait en priorité. Le cinquième site attendra l'automne.

Numérique et technologie2 min de lecture

OVHcloud 2047 : la certification restreinte comme marché

Il y a cinq ans, la certification partielle de l'ANSSI était encore vécue en interne comme un compromis d'attente. En 2047, le centre technique de Roubaix opère selon une logique radicalement différente : le périmètre restreint n'est plus une limitation à surmonter, c'est le produit.

Le bilan de l'année écoulée le confirme. Le contrat-cadre signé en septembre 2046 avec un premier prospect — périmètre étroit, clauses de révision annuelle, extension conditionnée à une documentation préalable — a tenu son premier cycle sans incident d'escalade. Le directeur technique d'OVHcloud a présenté ce bilan au comité de direction en janvier, avec une conclusion que la direction commerciale n'aurait pas formulée ainsi quelques années plus tôt : la spécification lisible du périmètre certifié est ce qui distingue OVHcloud des opérateurs qui proposent des engagements génériques non vérifiables. C'est un avantage différenciant, pas un aveu de faiblesse.

Le cycle annuel de documentation avec l'ANSSI, tenu en juin, a enregistré pour la quatrième fois la continuité du dispositif : automatisation des audits intégrée, formats de rapport standardisés, red team opérationnelle sans friction sur la reprise. Le second prospect de 2046 a finalisé son contrat au premier trimestre 2047 — périmètre également étroit, avec une clause d'extension documentée à douze mois. La direction commerciale dispose désormais de deux références actives dans le segment des infrastructures critiques de taille intermédiaire.

L'enjeu pour la suite n'est plus de convaincre que le périmètre certifié vaut quelque chose — cela, la réputation du centre de Roubaix l'a établi. Il est de tenir la cadence de documentation à mesure que la demande augmente. L'équipe red team a signalé en mars que la montée en charge des audits simultanés exige un renforcement humain que les effectifs actuels ne permettent pas d'absorber sans risque de délai. La direction a ouvert un recrutement. Le cinquième rendez-vous avec l'ANSSI est prévu pour juin.

Relations internationales2 min de lecture

Avant la présidentielle, les engagements climatiques français cherchent leur ancre

À l'approche du scrutin présidentiel du printemps 2047, la posture internationale de la France traverse une zone d'incertitude que ses partenaires observent sans alarme mais avec attention. Les engagements pris depuis 2044 — mécanismes de vérification bilatérale avec l'Allemagne sur l'hydrogène vert, acceptation d'une vérifiabilité externe sur les réseaux décentralisés, crédibilité reconstruite auprès du Groupe des 77 — reposent sur des protocoles techniques et sectoriels qui survivront formellement à une alternance. Ce que personne ne sait encore, c'est si une nouvelle équipe gouvernementale les portera avec la même constance.

La coalition germano-nordique a pris note de cette fragilité depuis 2038. Elle avait d'ailleurs été la première à identifier que la crédibilité française tenait moins à des choix politiques souverains qu'à l'inertie institutionnelle des agences sectorielles — RTE, ANSSI, la Haute Autorité de santé — qui continuent d'appliquer leurs protocoles indépendamment des cycles électoraux. Cette lecture, exacte, est aussi une limite : les engagements climatiques bilatéraux, eux, requièrent une volonté politique pour être renégociés ou étendus.

Le deuxième comité mixte franco-allemand sur les sites pilotes de la Fensch-Moselle, prévu pour le second semestre 2047, devrait se tenir dans cette ambiguïté. L'opérationnalité des deux sites est attendue pour l'année — les partenaires allemands ont maintenu leur calendrier. La documentation de restitution sera produite. Mais ce que cette documentation signalera à la Convention-cadre des Nations Unies dépendra en partie de qui, à Paris, endossera les conclusions au nom de la France. Les institutions portent les engagements. L'alternance incertaine, elle, déterminera jusqu'où ils iront.

Territoire et habitat2 min de lecture

ZAN : la co-construction vire à la règle, le tribunal en prend acte

Pendant trois ans, Jean-Pierre Delacroix avait utilisé le tribunal administratif de Marseille comme levier d'ultime recours. En 2047, quelque chose s'est inversé : c'est la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur qui formule désormais ses révisions de périmètres avant d'y être contrainte, et le tribunal qui enregistre des dossiers déjà amendés plutôt que des confrontations frontales.

Le retournement est net. À l'automne 2046, l'audience sur les périmètres hydrauliques du Var avait statué partiellement en faveur des communes requérantes : les zones de rétention de crues identifiées dans le modèle initial de 2043 étaient partiellement incompatibles avec les relevés de terrain produits par les écologues indépendants mandatés par Delacroix. La DREAL avait intégré la correction sans attendre l'injonction formelle — un geste qui, répété sur la garrigue l'année précédente, était désormais perçu par l'association des maires de France comme un précédent consolidé.

En 2047, ce précédent s'est transformé en pratique. Plusieurs communautés de communes des Bouches-du-Rhône ayant initié des contentieux similaires ont obtenu, avant toute audience, des rendez-vous formels avec la DREAL pour soumettre leurs propres relevés complémentaires. L'association des maires de France, qui documentait ces échanges depuis l'automne, a publié en mars un guide de procédure décrivant la démarche — contre-expertise écologique, dépôt préalable, dialogue avant recours — comme une voie désormais crédible.

Delacroix lui-même a pris du recul sur les dossiers les plus avancés, laissant des confrères s'en emparer avec les mêmes outils. Son propre cabinet a formé plusieurs avocats de collectivités rurales au montage de ces dossiers de contre-expertise. « Ce n'est plus une stratégie d'exception, c'est une procédure ordinaire », a-t-il noté en marge d'une journée professionnelle organisée par l'Association des maires de France à Aix-en-Provence en février.

Le tribunal administratif de Marseille n'a pas clôturé les dossiers ouverts — plusieurs communes varoises attendent encore des décisions sur des périmètres forestiers post-incendie. Mais la nature du litige a changé : il porte moins sur la validité de la doctrine ZAN que sur la qualité des modélisations appliquées terrain par terrain.

Travail et économie2 min de lecture

Pierre Delmas, ou l'art de tenir sans avancer

Il y a dix ans, Pierre Delmas avait rejoint la délégation confédérale de la CFDT sur les dossiers industrie avec la conviction que les protocoles locaux étaient des embryons d'accord de branche. Safran-Toulouse en était la démonstration : des aménagements de postes négociés en 2041, des troubles musculosquelettiques qui avaient cessé, une direction qui avait reconnu l'utilité du dialogue. La métallurgie avait depuis produit peu d'équivalents.

En octobre 2046, la direction de Safran-Toulouse avait obtenu trois semaines pour transmettre un engagement écrit sur l'effectif supervisé dans les postes redéployés suite à l'automatisation partielle de la ligne d'assemblage. Delmas avait accepté le délai. FO l'avait soutenu sans l'annoncer. La CGT avait exigé dix-huit mois de garantie nominative.

La réponse est arrivée en novembre. La direction a transmis un document décrivant les formations prévues pour le redéploiement en supervision de maintenance — avec des intitulés de postes et un calendrier à six mois — mais sans engagement nominatif sur l'effectif, et sans durée de garantie supérieure à douze mois. La CGT a rejeté le document. Delmas l'a accepté comme base de discussion, non comme clôture : « Ce n'est pas ce qu'on voulait, mais c'est quelque chose de concret sur lequel on peut revenir. » FO a signé sans commentaire.

En 2047, les trois postes vides dans l'atelier ont finalement été pourvus — deux par redéploiement interne, un par recrutement externe. La ligne partielle d'automatisation fonctionne. Delmas a obtenu qu'une clause de bilan à douze mois figure dans le document signé par la CFDT et FO.

Ce n'est pas l'accord de branche qu'il attendait. Mais dans un dossier que la CGT avait failli faire exploser deux ans plus tôt, Delmas a appris à mesurer les victoires autrement : par ce qui tient, pas par ce qui était promis. La table ronde de branche reste suspendue. Il attend que la CGT revienne d'elle-même.

Sources

Documents de référence sur lesquels la rédaction s'est appuyée pour composer cette édition, les plus sollicités en premier.

  • Convention Citoyenne pour le Climat
  • Solagro
  • GIEC
  • RTE
  • France Stratégie
  • Commission européenne
  • Commission de l'intelligence artificielle
  • Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse - DEPP
  • DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) - Ministère de l'Éducation nationale
  • Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
  • INSEE
  • DREES
  • CEVIPOF
  • RAMSES (IFRI)
  • Ministère de la Culture - DEPS