Année 2049

Édition n°24 · mercredi 24 juin 2026

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2049 : ce que les institutions ont tenu, et ce qu'elles ont appris à avouer

2049 : ce que les institutions ont tenu, et ce qu'elles ont appris à avouer

Éditorial

Ce que 2049 aura enseigné, c'est qu'une décision ne vaut que par ce qu'elle oblige à faire ensuite — et que certaines institutions ont appris à tenir cette exigence mieux que d'autres. Le tribunal administratif de Marseille n'a pas tranché en faveur de l'INRAE contre les écologues de terrain : il a renvoyé aux communes du Luberon la charge de produire une lecture conjointe des deux corpus. Ce n'est pas une esquive — c'est une doctrine. Le même mouvement traverse la commission des lois du Sénat, qui a publié son bilan trimestriel sans attendre la formation du nouveau gouvernement, et dont l'outil de suivi a fait exécuter des décrets que la précédente majorité avait laissés en retard. Isabelle Roux n'a pas préservé une procédure : elle a démontré qu'une institution peut survivre à l'alternance à condition d'être plus forte que ceux qui l'occupent. À Fensch-Moselle, la restitution franco-allemande a enfin eu lieu — imparfaite dans sa forme, utile dans son existence. Ce que les partenaires européens ont enregistré, c'est que les agences sectorielles françaises tiennent leurs mandats indépendamment des cycles électoraux. C'est précisément ce qui avait été promis. Ailleurs, les avancements sont plus discrets mais réels : Karim Amara conduit seul le cinquième site marseillais, l'agent itinérant de Meurthe-et-Moselle produit des collaborations sans fléchage imposé. Ce que 2049 n'a pas réglé — les nœuds des Côtes-d'Armor, le retrait silencieux de Safran, l'évaluation de Béziers repoussée — rappelle que les institutions qui documentent honnêtement leurs limites restent, paradoxalement, les plus crédibles.

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Lien social et communauté2 min de lecture

Karim Amara, un an après : la transmission sans filet

Karim Amara a ouvert le cinquième site en octobre 2049, dans un local mis à disposition par la mairie du quatorzième arrondissement de Marseille. La Direction des solidarités du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône avait donné son feu vert en juin, au terme d'un bilan de compagnonnage jugé concluant. Nadia Ferhat n'était pas présente à la première séance. Elle avait dit à Amara, lors de leur dernier échange formel, qu'elle passerait dans six semaines — pas avant.

Ce détail compte. Il dit quelque chose du passage qui s'est opéré en 2049 : Amara n'est plus un compagnon en observation, il est un praticien responsable. La méthode qu'il a absorbée sur les quatre sites historiques — ouverture de session sans annonce, gestion des tensions par le rythme plutôt que par la parole, écoute active des bénévoles réguliers — il la conduit seul, avec les variantes que le quatorzième impose. Le quartier est différent de Saint-Mauront : les réseaux associatifs y sont plus fragmentés, les habitants moins habitués aux dispositifs de supervision directe.

Les premières semaines ont produit des incidents de rodage. Une séance a failli déraper sur un conflit de voisinage — exactement le type de situation pour laquelle Amara avait, en octobre 2047, rompu le protocole d'observation en sollicitant Ferhat. Cette fois, il a tenu. La séance s'est close normalement. Il a rédigé son compte rendu et l'a transmis à la Direction des solidarités sans appel téléphonique préalable.

Le modèle d'essaimage à Marseille prend ainsi une forme concrète : non pas une procédure copiée, mais une pratique incarnée dans un professionnel capable de l'adapter. Les jardins partagés qui essaiment en Auvergne-Rhône-Alpes répondent à une logique voisine — des dynamiques collectives qui tiennent parce qu'elles reposent sur des porteurs formés, pas sur des protocoles seuls. Ferhat a passé. Amara tient.

Territoire et habitat2 min de lecture

Luberon : le tribunal tranche, les communes reprennent souffle

Salle d'audience, tribunal administratif de Marseille, mardi matin. Jean-Pierre Delacroix est arrivé le premier, cartable posé sur la table de droite, les deux volumes du rapport INRAE marqués d'onglets jaunes. En face, les représentants de la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur, flanqués d'un juriste du ministère de la Transition écologique. L'affaire était simple dans sa formulation, âpre dans ses enjeux : le rapport de contre-expertise INRAE, remis en fin de premier semestre 2049 comme l'avait ordonné le tribunal, devait-il faire autorité sur les données parcellaires produites par les écologues indépendants mandatés par Delacroix ?

Le président de la formation de jugement a lu le dispositif en moins de vingt minutes. La distinction était posée : les modélisations agrégées de l'INRAE établissent une tendance de moyen terme — déficit pluviométrique persistant, résilience décennale incertaine — mais ne sauraient écraser l'observation parcellaire menée saison après saison par des écologues de terrain dans les zones de protection stricte. Les deux corpus sont complémentaires dans leur portée, non substituables dans leur grain. La hiérarchie que certains attendaient n'est pas venue : le tribunal a renvoyé aux communes du Luberon la charge de produire une lecture conjointe des deux sources avant tout dépôt de demande d'autorisation agricole sur les parcelles carbonisées.

Delacroix a quitté la salle sans triomphe apparent. Devant les marches du palais de justice de Marseille, il a simplement dit que ses clients avaient désormais un cadre lisible. Les communes concernées, qui attendaient depuis l'incendie de 2045 une levée d'incertitude sur leurs parcelles, ont reçu cette décision comme une clarification opérationnelle plutôt que comme une victoire nette. L'INRAE, de son côté, n'a pas contesté le raisonnement : ses chercheurs avaient eux-mêmes prévenu que l'agrégation cartographique n'épuisait pas la question foncière locale. La décision s'applique. Les dossiers peuvent avancer.

Travail et économie2 min de lecture

Safran-Toulouse : l'automne tourne en recul discret de la direction

Il y avait eu, à l'automne 2048, une promesse de calendrier : la direction de Safran-Toulouse annoncerait avant la fin de l'année sa décision sur l'extension du protocole de redéploiement à d'autres lignes de production automatisées. Pierre Delmas attendait. Le délégué FO attendait. La CGT, toujours absente de la table ronde de branche, observait depuis l'extérieur.

L'annonce n'est pas venue à l'automne. Elle n'est pas venue en début d'année 2049 non plus. En mai, la direction a transmis aux syndicats présents un document de deux pages qualifiant la situation actuelle de « phase de consolidation » et repoussant toute décision d'extension à après l'été. Delmas a pris acte sans éclat, mais la formule n'a pas été sans conséquences : FO a aussitôt demandé par écrit si la fin de la garantie de douze mois sur les trois postes redéployés impliquait un engagement implicite de pérennisation — question à laquelle la direction a répondu que les postes étaient maintenus « dans le cadre des besoins opérationnels courants », sans engagement formel au-delà.

Le délégué CGT, qui avait noté dès le bilan de janvier 2048 que trois postes préservés ne compensaient pas les suppressions nettes liées à l'automatisation de la ligne, a diffusé en juin une note interne soulignant que la phase de consolidation ressemblait à une clôture sans le dire. La direction n'a pas répondu publiquement à cette note.

Ce qui a basculé en 2049, c'est moins le contenu de la décision que sa forme : la direction de Safran-Toulouse a cessé d'alimenter le processus qu'elle avait elle-même initié. Le retrait est discret, progressif, jamais officialisé. Delmas a demandé une réunion en septembre pour clarifier l'état du protocole. La date n'a pas encore été fixée.

Alimentation2 min de lecture

Terre et Progrès face à la désintermédiation : une coopérative qui tient, mais autrement

La saison 2049 a tranché une question que la coopérative Terre et Progrès avait laissée ouverte depuis le retour partiel des adhérents partis chez les négociants privés en 2047 : combien de temps la fidélité reconstituée tient-elle quand les négociants jouent encore sur les délais de paiement et la souplesse des volumes ?

La réponse de 2049 est nuancée. Une majorité des exploitants revenus dans le giron coopératif a renouvelé ses engagements pour la campagne de colza. Mais André Lecomte, président du conseil d'administration de Terre et Progrès, a dû constater en assemblée de section de l'automne que deux exploitations de taille significative en Beauce thimeraisienne avaient de nouveau opté pour le négoce privé — non par désaffection, mais parce que les délais de mise en paiement de la coopérative, reconfigurés après la révision des barèmes, ne correspondaient plus à leurs contraintes de trésorerie.

Ce glissement a changé le débat interne. Jusqu'ici, la discussion portait sur les prix et les primes de fidélité. En 2049, elle porte sur les services financiers : avance sur récolte, garantie de mise en marché progressive, flexibilité des volumes déclarés. C'est sur ce terrain que les négociants privés ont repris l'avantage, et c'est sur ce terrain que Terre et Progrès doit maintenant se battre.

Claire Moreau, dont l'exploitation maintient ses contrats pluriannuels avec trois collectivités depuis plusieurs saisons, observe cette évolution avec un pragmatisme teinté d'inquiétude. Si la coopérative perd les moyennes exploitations au profit du négoce, les volumes qui sécurisent ses débouchés institutionnels s'éroderont progressivement.

La Confédération paysanne a demandé en juin que ce débat sur les services financiers coopératifs soit porté en séance de la chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir avant la fin de l'année. Lecomte a accepté le principe. La FNSEA observe. La date n'est pas fixée.

Culture et art2 min de lecture

Nancy, bureau de la DRAC : la mission se joue sur un mail de septembre

Le bureau du directeur de la DRAC Grand Est à Strasbourg avait tranché en juin 2048 : la mission de l'agent itinérant ne serait pas fléchée vers les structures existantes. Aurélie Steinbach, directrice de la scène nationale de Nancy, avait accueilli cette décision comme une confirmation de ce qu'elle observait depuis un an depuis son poste en Meurthe-et-Moselle — les communes rurales n'avaient pas besoin d'être orientées vers des scènes labellisées, elles avaient besoin d'un interlocuteur capable de lire leur demande avant de la rediriger.

En septembre 2049, un an et demi après cette décision, le comité de pilotage prévu à l'automne 2048 s'est finalement tenu. Le Syndicat national des scènes publiques y a présenté une note de position réaffirmant que l'agent itinérant devrait prioritairement densifier les circuits existants. La DRAC a maintenu sa lecture. Steinbach, conviée à titre consultatif, a apporté un fait nouveau : sur les demandes traitées par l'agent au cours de la saison 2048-2049, une part significative avait abouti à des conventions de résidence ou à des coproductions impliquant des structures labellisées — non parce que l'agent les avait orientées là, mais parce que le diagnostic initial avait permis de construire une demande cohérente avant la mise en relation.

Ce résultat a compliqué la position du Syndicat national. Refuser l'aiguillage libre revenait à ignorer que le processus produisait, de fait, des collaborations avec les scènes publiques. Le comité n'a pas modifié les orientations de la DRAC, mais le Syndicat n'a pas obtenu la révision qu'il réclamait. L'agent itinérant conserve sa mission sans fléchage. Un mail de Steinbach à la DRAC, envoyé le lendemain du comité, demande l'ouverture d'un deuxième poste pour la saison 2050. La question de l'essaimage vers d'autres régions est posée sur la table.

Éducation et transmission2 min de lecture

Grilles de Lille : le ministère acte, les syndicats s'affrontent sur l'après

La décision du ministère de l'Éducation nationale est tombée en mars 2049 après plusieurs mois de pression croisée : les modifications de grilles d'observation introduites par les corps d'inspection de l'académie de Lille depuis la rentrée 2047 sont officiellement reconnues comme une adaptation locale autorisée, mais non généralisables sans révision formelle du cadre national. Le ministère n'a pas adopté la position de SUD Éducation, qui réclamait soit une formalisation nationale, soit un retour aux grilles précédentes. Il n'a pas non plus cédé à la pression du SNUipp-FSU, qui plaidait pour une mise en cohérence urgente avec l'académie de Lyon.

Le délégué SUD du Nord a qualifié cette reconnaissance partielle de « victoire à moitié qui crée une instabilité permanente ». Le représentant du SNUipp-FSU à Lille a été plus circonspect : la cohérence nationale est désormais formellement posée comme objectif à atteindre d'ici la prochaine rentrée, ce qui oblige le ministère à se prononcer sur la portée des critères qualitatifs d'observation des réponses élèves — un engagement qui n'existait pas six mois plus tôt.

Le vrai point de friction en 2049 n'est plus entre les corps d'inspection lillois et le ministère, mais entre SNUipp-FSU et SUD sur la méthode. Le SNUipp-FSU considère que la procédure en cours — documentation DEPP, retour d'expérience académique, consultation intersyndicale — peut produire un cadre stabilisé d'ici 2050. SUD juge cette temporalité inacceptable et a déposé en juin un préavis de grève ponctuel dans plusieurs établissements de la métropole lilloise, invoquant l'inégalité de traitement entre néotitulaires selon leur académie d'affectation.

La DEPP, dont les nouvelles données sur les cohortes 2047 sont attendues début 2050, n'a pas encore tranché l'enjeu central : les modifications lilloises produisent-elles des résultats élèves différents ? Sans cette réponse, le conflit syndical continuera de se jouer sur le terrain procédural plutôt que pédagogique.

Énergie et ressources2 min de lecture

Marie Lecomte et les nœuds impossibles : une ingénieure entre deux logiques

Il y a trois ans, Marie Lecomte pensait avoir trouvé la bonne formule. L'audit du Morbihan venait de se clore sans incident, le siège régional de RTE à Rennes saluait l'architecture décentralisée comme un acquis de méthode, et les trois nœuds des Côtes-d'Armor semblaient n'être qu'une extension logique de ce qui avait fonctionné plus à l'ouest. Elle avait présenté les configurations en réunion comme des variantes complexes mais documentables — pas comme une nouvelle catégorie de problème.

C'est précisément ce que la Commission de régulation de l'énergie lui a reproché depuis. En 2049, l'impasse documentaire sur les Côtes-d'Armor n'est plus une question de délai : elle est devenue une question de méthode. Le représentant de la CRE, lors de la réunion de juin à Rennes, a posé la chose clairement. Les deux nœuds qualifiés de complexes ne sont pas des variantes des configurations morbihannaises — leurs interdépendances avec les réseaux de distribution locale créent des schémas de défaillance que les outils de simulation standard de RTE ne couvrent pas. Lecomte a reconnu le point. Elle a aussi indiqué que la documentation spécifique réclamée nécessite de développer de nouveaux protocoles d'essai, pas seulement d'adapter les existants.

Cette précision a changé le ton de la discussion. Le Conseil régional de Bretagne, dont le délégué attendait depuis des mois une date d'activation des contrats, a entendu que l'horizon n'était plus l'automne 2049 mais le premier semestre 2050 au mieux. Les sous-traitants sur les deux sites ont reçu la confirmation d'une prolongation de la phase préparatoire sans calendrier ferme.

Lecomte ne conteste plus la position de la CRE. Elle travaille désormais avec une équipe mixte RTE-CRE à définir les protocoles d'essai manquants. C'est un travail qu'elle n'avait pas prévu d'avoir à faire — et qui, s'il aboutit, vaudra pour tous les nœuds futurs d'architecture similaire. L'apprentissage est coûteux. Il est aussi, de son propre aveu, nécessaire.

Gouvernance et pouvoir2 min de lecture

Le tableau de bord après l'alternance : ce qui a tenu, ce qui a plié

L'élection présidentielle du printemps 2049 a produit l'alternance qu'Isabelle Roux avait, depuis des années, intégrée comme hypothèse de travail. La commission des lois du Sénat n'a pas attendu la formation du nouveau gouvernement pour publier le bilan du premier trimestre : il est paru dans les délais habituels, avec la même structure que les précédents, signé par la même présidente.

Ce que 2049 a mis à l'épreuve, c'est la question que les sénateurs posaient depuis juin 2048 : le tableau de bord résiste-t-il à un changement de majorité, ou n'est-il qu'un outil de la gouvernance Roux ? La réponse est venue par les faits, pas par une déclaration. Trois décrets dont l'exécution était notée en retard dans le tableau du quatrième trimestre 2048 ont été honorés par le nouveau gouvernement au cours du second trimestre 2049 — non parce que la nouvelle majorité les avait défendus dans ses programmes, mais parce que la commission avait documenté publiquement le retard et que le Conseil d'État avait confirmé l'obligation d'exécution.

Isabelle Roux a présenté ce bilan en juillet, en salle Clemenceau, devant une commission recomposée. Plusieurs sénateurs issus de la nouvelle majorité ont posé des questions sur le périmètre du suivi, sur les marges d'interprétation, sur la possibilité d'alléger certains indicateurs. Roux a répondu que le périmètre était défini par les textes votés, pas par les gouvernements qui se succèdent, et qu'un recours au Conseil d'État pour en réduire l'assiette était possible — mais que la commission documenterait également ce recours.

Les législatives de 2049 ont par ailleurs renouvelé l'Assemblée nationale dans un contexte de participation en hausse sensible par rapport au scrutin précédent. La commission des lois enregistre les nouvelles délégations sans commentaire sur leur composition. L'institution tient. Son périmètre reste intact.

Mobilité et échanges2 min de lecture

Protocole de flux : la rentrée sans friction, et la question qui revient

Le protocole commun de déclaration des flux, adopté en avril 2048 par la commission régionale de mobilité d'Auvergne-Rhône-Alpes, est entré en vigueur à la rentrée de septembre 2048 comme prévu. Un an plus tard, le bilan que Transisère a transmis à la commission dresse un tableau qui a surpris même ses rédacteurs : les déclarations préalables des employeurs conventionnés du bassin chimique de Pont-de-Claix ont été produites dans les délais dans la quasi-totalité des cas, le format standardisé a réduit les allers-retours administratifs, et la clause de révision annuelle n'a pas été activée — ce qui signifie qu'aucun acteur n'a contesté les données déclarées au point de saisir la commission.

Mais le revirement de 2049 n'est pas là où on l'attendait. Il vient des deux communautés de communes du Grésivaudan qui avaient adhéré au protocole en 2048 dans une logique d'extension prudente. Après un an d'application, leurs représentants ont demandé en juin à la commission régionale d'ouvrir la question que le protocole avait délibérément laissée en suspens : la qualification juridique du covoiturage informel pratiqué par les salariés en dehors des conventions patronales.

Le directeur de Transisère, qui avait signé le protocole en 2048 avec une clause de révision annuelle précisément pour encadrer ce type de demande, se retrouve dans une position inconfortable. La régie avait accepté le protocole à condition que le covoiturage informel reste hors périmètre. Les communautés de communes arguent désormais que l'absence de qualification crée une zone grise qui fragilise leurs propres dispositifs de mobilité subventionnée.

La commission régionale a acté la demande en juillet sans fixer de calendrier de traitement. Le maire de Sassenage, qui avait obtenu en 2048 ce qu'il cherchait depuis des années, observe la séquence avec la prudence de celui qui sait que les victoires locales ont des suites imprévues.

Numérique et technologie2 min de lecture

OVHcloud et l'ANSSI : le sixième rendez-vous qui change de nature

Depuis le premier cycle de certification, les rendez-vous annuels entre OVHcloud et l'ANSSI avaient suivi un format stable : revue documentaire, audit de l'équipe red team, questions sur les délais, reconduction du périmètre restreint. Le sixième rendez-vous, tenu en septembre 2049 au centre technique de Roubaix, a rompu ce rituel.

La cause directe est connue depuis l'été : les deux ingénieurs seniors dont le recrutement avait été validé en mars 2048 n'ont rejoint les équipes qu'en avril 2049, après treize mois de procédure. Dans l'intervalle, l'équipe red team avait géré trois audits simultanés avec un effectif inchangé. La qualité de la documentation fournie au premier client et au second prospect n'a pas été contestée par l'ANSSI — mais les délais avaient nettement allongé, et l'ANSSI l'avait noté sans en modifier ses exigences.

Au sixième rendez-vous, la posture de l'ANSSI a changé. L'agence a indiqué que la montée en charge documentée sur deux cycles consécutifs rendait nécessaire une réflexion sur la soutenabilité du modèle de certification. Non pas pour abaisser les exigences, mais pour examiner si le périmètre restreint, tel qu'il était défini, pouvait absorber un troisième client — l'infrastructure hospitalière candidate pour l'automne — sans compromettre la robustesse qui faisait la valeur du dispositif.

Le directeur technique d'OVHcloud a présenté un plan de montée en charge en trois phases, incluant l'intégration des deux nouveaux ingénieurs et une révision des procédures d'audit interne. L'ANSSI a pris acte et a conditionné l'extension au troisième prospect à la validation de la première phase du plan d'ici janvier 2050. C'est la première fois que l'agence pose une condition de capacité organisationnelle, et non seulement documentaire. Le conflit entre les deux parties est désormais ouvert sur ce point : OVHcloud veut avancer, l'ANSSI exige d'abord de voir tenir.

Relations internationales2 min de lecture

Fensch-Moselle : la restitution conjointe a lieu, mais elle dit autre chose

La restitution conjointe franco-allemande sur les sites pilotes de Fensch-Moselle a finalement eu lieu en novembre 2049, après avoir été reportée depuis l'automne 2048. Le format retenu — deux documents distincts présentés en session commune plutôt qu'un rapport unifié — illustre l'état réel de la coopération bilatérale : chaque partie documente ses propres résultats selon ses propres protocoles, et la session commune sert de mise en regard plutôt que de synthèse.

La Bundesanstalt Rohstoffe et la coalition germano-nordique avaient réclamé un rapport vérifié de façon croisée. La délégation française a tenu sur l'autonomie des agences sectorielles — RTE et ANSSI portent les protocoles techniques indépendamment des cycles électoraux — et cette posture a été acceptée dans la forme, si ce n'est dans l'esprit. Le nouveau gouvernement français a endossé les conclusions sans les reformuler, ce qui constitue en soi un signal que les partenaires européens ont enregistré avec attention.

À l'approche des négociations multilatérales de fin d'année, la France se présente avec une continuité institutionnelle documentée mais une crédibilité d'exécution encore à prouver sur la durée. Le Groupe des 77, qui observe depuis plusieurs cycles les divergences de format entre Paris et Berlin sur la vérifiabilité des engagements climatiques, note que la restitution de Fensch-Moselle constitue un précédent utile — imparfait, mais existant. Les législatives et les municipales de 2049 ont renouvelé les acteurs politiques intérieurs sans modifier les mandats des agences : c'est précisément ce que la délégation française avait promis de démontrer. Elle l'a démontré, au moins pour cette séquence.

Santé et corps2 min de lecture

Béziers, couloir des urgences : ce que dix-huit mois d'attente ont fabriqué

Le couloir des urgences de l'hôpital de Béziers ne ressemble plus tout à fait à ce qu'il était au printemps 2048, quand les premières négociations entre le Conseil départemental de l'Hérault et l'ARS Occitanie ont commencé. Pas dans sa configuration physique — les murs sont les mêmes, les brancards aussi — mais dans la manière dont le personnel de nuit l'occupe.

Pendant dix-huit mois de tractations institutionnelles suspendues, les équipes soignantes ont fabriqué leurs propres solutions de triage. Une infirmière coordinatrice de nuit, présente depuis plusieurs années dans le service, a mis en place avec deux collègues un système de pré-orientation informelle : avant que le médecin de garde ne voie le patient, une évaluation rapide selon des critères maison — ni protocole HAS, ni grille ARS — permet d'orienter vers la salle d'attente longue ou vers la zone de soins immédiats. Ce système n'est pas documenté. Il n'a jamais été présenté à la direction. Il fonctionne.

Ce que cette adaptation dit de 2049, c'est que l'absence de décision institutionnelle n'a pas produit le vide : elle a produit une pratique de terrain que personne n'a officiellement ni validée ni interdite. Certains membres de l'équipe vivent cette autonomie comme une forme de survie professionnelle — la seule manière de tenir le service sans attendre que les agences s'accordent. D'autres la vivent comme une capitulation déguisée : faire le travail que le système devrait organiser, sans reconnaissance ni protection.

La mission d'évaluation que l'ARS a finalement validée à l'automne, calée sur les critères du CHU de Montpellier, ne commencera pas avant le début de l'année prochaine. D'ici là, le couloir continue de fonctionner selon ses propres règles silencieuses. L'évaluation documentera ce qu'elle trouvera. Pas nécessairement ce qui a tenu.

Sources

Documents de référence sur lesquels la rédaction s'est appuyée pour composer cette édition, les plus sollicités en premier.

  • Convention Citoyenne pour le Climat
  • Solagro
  • GIEC
  • RTE
  • France Stratégie
  • Commission européenne
  • Commission de l'intelligence artificielle
  • Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse - DEPP
  • DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) - Ministère de l'Éducation nationale
  • Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
  • INSEE
  • DREES
  • CEVIPOF
  • RAMSES (IFRI)
  • Ministère de la Culture - DEPS