
2040 : ce qui tient et ce qui attend encore d'exister
Éditorial
En 2040, la France a appris à distinguer ce qui tient de ce qui dure. Ce n'est pas la même chose. Le réseau RTE a tenu face à la vague de froid de janvier — quatre procédures dégradées, aucune coupure, et une Marie Lecomte qui suspend le déploiement breton jusqu'à ce que les enseignements soient intégrés. À Clermont-Ferrand, sept communes ont formalisé un cadre de partenariat autour de jardins partagés qui fonctionnent précisément parce que personne n'a imposé de tableau de bord. Ce sont des victoires réelles, limitées, que personne ne qualifiera de transformation — mais qui produisent des effets mesurables et des doctrines transférables.
Ce qui ne dure pas, en revanche, c'est la fiction du cadre sans exécution. Les coopératives d'Eure-et-Loir ont rendu leur tablier non par désaccord de principe, mais parce que la planification alimentaire sans compensation financière n'est pas une politique — c'est un vœu. À Toulouse, les troubles musculosquelettiques sont documentés depuis des mois dans les ateliers Safran ; le vide législatif, lui, reste plein d'intentions non déposées. À Grenoble, deux votes successifs ont échoué à trancher entre suspension et application : la norme ZFE reste formellement en vigueur, pratiquement ignorée.
Ce que 2040 rend visible, c'est la géographie de cette distinction : là où des acteurs précis ont accepté de décider avec ce qu'ils avaient — Lecomte, Delacroix devant le Conseil d'État, Roux au Sénat —, quelque chose s'est déposé. Là où l'on a attendu le cadre pour agir, rien n'a bougé. La question n'est plus d'avoir les bons textes. C'est de savoir qui les porte jusqu'au bout.
Sources
Documents de référence sur lesquels la rédaction s'est appuyée pour composer cette édition, les plus sollicités en premier.
- Ministère de la Culture - DEPS
- Commission de l'intelligence artificielle
- Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse - DEPP
- Convention Citoyenne pour le Climat
- CEVIPOF